Les dernières questions m'ont fait m'interroger :
Je trouvais intéressant dans mon cas d'expliquer ma démarche et de donner de l'espoir.
J'appréhendais cette question. Y avait-il vraiment quelque chose qui m'avait aidé?
Je me suis sentie à l'aise pour partager mes hésitations sur l'évolution de ma crise suicidaire : y avait-il vraiment quelque chose qui l'a arrêtée?
J'ai souvent eu cette impression après mon coma que j'étais coincée dans une réalité parallèle où j'étais coincée, condamnée à vivre
Je ne suis plus quotidiennement à penser mourir ou me faire du mal, mais la mort est toujours là
Aujourd'hui, quand les idées noires reviennent au galop, je peux me dire que ça va aller, je n'ai plus ce besoin irréprésible de me faire du mal, les ruminations ne sont plus si envahissantes et j'arrive à prendre du recul et à laisser passer l'orage
Je me dis souvent que si j'avais dû mourir, je serai morte
Pour moi c'est le stress post traumatique et les troubles qui se sont développés après la psychiatrie, comme si le corps et la tête avait dit STOP, je t'interdis de continuer à te détruire.
Qu'est ce qui a évolué positivement?
J'arrive à prendre soin de moi, à m'arrêter quand c'est nécessaire, à m'adapter quotidiennement à mon état et à ne pas laisser toute la place au trouble. Il est là, j'accepte et je m'adapte pour que ça ne dure pas. J'ai appris à comprendre mon fonctionnement, la corrélations entre les symptômes et les troubles et à les prévenir ou les repérer à temps.
J'ai créé ma propre association et je suis engagée
Je danse
Je ne suis plus dépendante de la psychiatrie
J'ai renoué avec mes parents
Qu'est ce que je pourrais dire à des personnes qui comme moi se doivent vivre avec le handicap?
Tu fais de ton mieux, et de ton mieux c'est parfait
A ton rythme
Au jour le jour
Guérir prend du temps
Si tu le peux essaie de te changer les idées : en parler ou faire une activité qui te sortent de tes ruminations
Sois indulgent avec toi-même
<3
Est ce qu'à un moment donné je me suis sentie à ma place?
ça m'est arrivé une fois, en octobre dernier, lors de la semaine de la santé mentale quand j'ai présenté mon spectacle
Qu'est ce que je dirais à la fille de 20 ans?
Je ne sais pas si j'aurais écouté quoique que se soit de moi ou de quelqu'un d'autre. La seule chose qui m'importait c'était mourir et je refusais toute éventuealité de vivre
Et une personne a déjà témoigné que parfois on va si mal que, même si quelqu'un nous dit qu'il a traversé la même épreuve et qu'aujourd'hui tout va bien, on ne pourra pas croire que nous-même on peut s'en sortir. C'est souvent plus "tant mieux pour toi, mais pour moi c'est trop tard"
Mais je dirais à la Clémence dans cette chambre d'hôpital qu'elle n'a rien a prouver à personne, et que rien de tout ça n'est de sa faute
Je vis mon handicap psy comme survivre à moi même. Rien n'est linéaire, c'est un jeu d'équilibriste mais j'apprend à danser avec la vie et son impermanence,avec le handicap et ses variations, avec mes doutes, mes limites mais aussi mes forces et mes ressources
(montage du témoignage à suivre en septembre)
Tu veux en savoir plus sur moi?Liens et ressources
https://www.instagram.com/cieartcorpsdansebienetresante/