Capture d e cran 2025 02 10 a 12 41 23

Repenser les soins en psychiatrie

Le 10/02/2025

Humaniser les soins

Repenser les soins en psychiatrie.

Oui, la psychiatrie a des lacunes, oui les services manquent de moyens et les soignants sont débordés : manque de place, de matériel, de soin et de temps.

Mais doit on tout mettre sur le dos des coupes budgétaires ? La psychiatrie est en crise, ne peut on pas changer des choses sans argent ?

Je comprends que les soignants soient fatigués, dépassés, mal reconnus. En plus de payer le prix des manques de moyens,ils se sacrifient pour travailler plus et assurer les soins laissant béante la non reconnaissance et le mal-être s’installer….

Mais pourquoi choisit-on de travailler en psychiatrie ?

La dernière roue du carousse, l’oubliée, la délaissée…

Ne choisit-on pas de travailler dans le soin pour aider les autres ? Pour donner de votre temps ? et de votre personne ?

Je crois qu’en psychiatrie plus que dans toute autre spécialité médicale, les patients ont besoin de temps, d’écoute, d’accompagnement.

Vous n’avez peut être pas choisi ce service, ce public, ces conditions de travail, mais pensez aux patients. Le patient n'a rien demandé non plus. Et en psychiatrie la difficulté supplémentaire est qu'il faut parfois soigner le patient contre son gré on n’a rien demandé. Lui aussi il aimerait rentrer chez lui, et patît de ces conditions.

Les patients ont besoin de soignants en bonne santé, disponibles, contents d’être là et présents pour tous ses patients.

Alors oui, tout le service doit s'y appliquer pour que l’un n’est pas à porter seul la charge d’un service entier parce que les autres s’en tiennent au stricte minimum.

Est-ce qu’un peu d’humanité, de bienveillance a besoin d’argent ?

Peut être faudrait-il réfléchir à tenir une organisation, à ré-interroger votre pratique?

Intéressez vous aux patients à leur bien être dans le service mais aussi en dehors et sur le long terme, au delà de l'hospitalisation.

Ce bien être que vous pouvez amener aux patients contribueraet au votre.

Il n’y a pas besoin d’argent pour faire son travail en psychiatrie :  dire bonjour, de se présenter, chercher à communiquer, observer.

Allez vers eux, posez-leur des questions, savoir pourquoi ils sont là, quelle est leur vie, de quoi ont-ils besoin?

Si vous vous contentiez d’un je suis là si vous avez besoin, vrai, sincère et qui ne laisse entendre "mais si tu pouvais éviter ça m’arrangerait"

N'est-il pas possible de passer dans les chambres, demander si vraiment ça va ou pas, s'il y a des besoins

L'infirmier, l'aide-soignant, ne sont-ils pas l’intermédiaire du médecin? Votre mission n'est elle pas de voir vos patients tous les jours, d'apprendre à les connaître , les comprendre, les observer pour aider les médecins à saisir des problématiques du quotidien que le médecin ne peut voir? D'être actif et l'écoute pour déceler ce que le patient lui même ne perçoit pas dans son quotidien et sa façon d'être qui ne peut pas être évident lors d'un entretien avec le psychiatre?

Croyez vous que seul dans sa chambre, le traitement fera effet et continuera de le faire? Qu’une fois dehors tout ira bien parce que le traitement a fait effet enfermé entre 4 murs?

Ne fermez plus les yeux

La psychiatrie ne se choisit pas par défaut. Le soignant ne doit-il pas être capable de se mettre à la place du patient? de s'intéresser à la vie hors de l'hôpital. Que se passe-t-il dehors pour eux? la stigmatisation, l'isolement, le handicap, la reconnaissance des droits, l'inclusion...La psychiatrie ce n'est pas que l'hôpital et un traitement. Dehors il y a des difficultés et une réalité toute autre. N'est ce pas partie de notre travail de s'intéresser à la réalité de la société et de stigmatiser maladroitement avec des mots qui ne correspondent pas à ce qui se vit dehors.

Vos gestes, votre façon de parler affectent

Ce public a des fragilités, il est complexe , et diversifié.

Comment penser séparer le soin du confort ? de la sécurité ? de l’accompagnement ?

En changeant sa posture, peut être que les clichés de la psychiatrie évolueront ce qui fera que les patients auront plus de chance de se rétablir et vous les soignants de valoriser votre métier et ce secteur.

Oui vous devez donner un cadre, être ferme, dire non, montrer lepositif, pointer du doigts mais pas abuesr de votre statut en nous dénigrant.

Par contre, le patient a besoin d'un cadre clair, d'un discours unique, il a droit de savoir et de choisir et il a besoin d'explication et de comprendre.

Essayer d'éviter les maladresses dans le discours qui renforcent les peurs et la culpabilité

Ignorer tout ça en psychiatrie c’est de la maltraitance.

Et quelque soit la différence de conscience, d’intelligence, de gravité, de risque, d’autonomie, chacun mérite la même attention

C'est en travaillant ensemble, que vous aurez très vite moins de travail et une meilleur qualité de vie autravail et de qualité.  L'efficacité des soins. suivra et participera à votre reconnaissance, à la destigmatisation de la psychhiatrie et à son désencombrement qui amenera plus de profesionnels à choisir cette spécialité.

Pour que les choses changent, arrêtons d’attendre des choses de l’extérieur qui n’arriveront pas. Il faut changer de l’intérieur.

Choisissez mieux vaut prévenir que guérir !

Prenez soin de vos patients et vous aurez moins de crises, moins de travail et on restera moins longtemps. Tout le monde est gagnant

×